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Information sur le paludisme Le paludisme, une des trois maladies affectant le plus l’Afrique selon l’OMS 1,est une cause majeure de morbidité et de mortalité dans le monde, particulièrement dans les pays en voie de développement où la maladie a un impact économique et social important. La maladie est présente dans plus de 100 pays et menace 50 % de la population mondiale 2.
Chaque année, 350 à 500 millions de cas de paludisme apparaissent dans le monde, provoquant plus d’un million de décès, le plus souvent des enfants en Afrique Sub-saharienne. Le taux de mortalité infantile due au paludisme a doublé entre 1990 et 2002 3. Le paludisme reste la cause la plus importante de décès des enfants de moins de 5 ans en Afrique, tuant un enfant toutes les 30 secondes, ce qui correspond à près de 3 000 décès d’enfants chaque jour 4.
Le paludisme est dû à un parasite, appelé Plasmodium, qui se transmet d’homme à homme par la piqûre du moustique anophèle. Le paludisme est provoqué par quatre espèces de Plasmodium : P. falciparum, P. malariae, P. vivax et P. ovale. L’espèce la plus courante et la plus dangereuse est P. falciparum.
Paludisme et pauvreté
Le paludisme et la pauvreté forment un cercle vicieux :
- Le paludisme sévit là où des plans d’eau non contrôlés et des températures élevées favorisent le développement des moustiques anophèles, et où les patients infectés servent de réservoirs pour le parasite. Ces conditions qui existaient autrefois aux USA, en Australie et dans l’Europe du Sud sont courantes dans de nombreuses régions du monde en voie de développement.
- Le paludisme accroît la pauvreté : les patients sont souvent alités et incapables d’effectuer leurs activités quotidiennes habituelles. On estime à 1,3 % le ralentissement de la croissance économique annuelle dans les pays africains où le paludisme est hautement prévalent 5. Le coût économique du paludisme en Afrique est estimé à 12 milliards de dollars US chaque année 6.
Traitements du paludisme
Il existe des traitements mais, depuis quelques dizaines d’années, les médicaments tels que la chloroquine ou la sulphadoxinepyriméthamine sont devenus de moins en moins efficaces à cause de la résistance des parasites à ces médicaments. La résistance à la chloroquine atteint désormais 90% dans de nombreuses régions d’Afrique. La propagation de ces résistances constitue une menace sérieuse pour la santé publique mondiale (voir carte ci-dessous).
Source: OMS, 2006
En réponse à l’apparition croissante de résistances aux antipaludiques, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) encourage activement depuis 2001, pour les pays où la maladie est endémique, d’utiliser des associations thérapeutiques, de préférence contenant un dérivé de l’artémisinine, ou ACT (artemisinin-based combination therapy), et à utiliser si possible des associations à dose fixes.
Pourquoi faut-il utiliser des associations à doses fixes?
L’observance thérapeutique joue un rôle essentiel pour garantir l’efficacité du traitement et pour éviter l’apparition de résistances aux ACTs. Mais lorsque les associations sont fournies sous forme de deux médicaments séparés, les patients risquent de n’en prendre qu’un seul ou de ne pas terminer le traitement. Prendre un des deux médicaments et pas l’autre, augmente le risque de résistance. Les associations à doses fixes associent deux médicaments dans un seul comprimé, au lieu de deux comprimés séparés, garantissant ainsi la prise des deux médicaments ensemble aux doses recommandées.
Où en est la R&D sur les antipaludiques?
Entre 1975 et 2004, seulement 7 des 1393 nouvelles composantes chimiques approuvées étaient destinées au développement d’anti-paludiques 7.
Plusieurs antipaludiques sont actuellement à divers stades de développement à travers le monde. Dans nombre de ces projets, Medecines for Malaria Venture (MMV) est un partenaire clé. Le département R&D de sanofi-aventis a plusieurs projets en cours. Le projet le plus avancé concerne la ferroquine, un composé actif contre les P. falciparum résistants à la chloroquine, développé par l’Université des Sciences et Technologies de Lille (France) (Pr J. Brocard), actuellement en phase II de développement.
La mise à disposition immédiate de ASAQ représente un développement clé dans la lutte pour faire reculer le paludisme, en réduisant la possibilité d’apparition de résistances et constitue une étape importante dans la mise à disposition de nouvelles combinaisons (ACTs) pour une meilleure prise en charge du paludisme.
1. Data on the Roll Back Malaria website WHO: http://www.rbm.who.int/ consulted in September 2006.
2. World Health Organization. World Malaria Report. Geneva: WHO ; 2005.
3. Global Forum for Health Research. Monitoring Financial Flows for Health Research. Geneva: 2005.
4. World Health Organization. Africa Malaria Report. Geneva : WHO ; 2003.
5. Gallup J and Sachs JD. The economic burden of malaria. Am J Trop Med Hyg 2001 ; 64: 85-96.
6. Sachs J and Malaney P. The economic and social burden of malaria. Nature 2002 ; 415: 680-5.
7. Chirac P, Torreele E. Global framework on essential health R&D. Lancet. 2006 ; 367 : p. 1560.
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